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Faire preuve de créativité pour sauver des vies

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Avant même la pandémie de Covid-19, le réseau hospitalier québécois en raison de la grippe saisonnière était depuis des années aux prises avec une pénurie récurrente pour des lits d’hospitalisation. En raison d’un manque de lits, cette situation engendrait pour les hôpitaux une gymnastique
importante pour la gestion de ces derniers. Aujourd’hui, les mesures sanitaires mises en place en
raison de la pandémie de Covid -19 ont permis de réduire significativement le nombre de personne
affecté par la grippe cependant ce nombre a été amplement supplanté par les cas ayant contractés la Covid-19. De plus, la durée moyenne d’hospitalisation des cas de Covid est d’environ 17,2 jours
comparativement à 6,4 pour la grippe saisonnière1
. Ce temps accru d’hospitalisation jumelé avec
un grand nombre de cas pourraient occasionner une pénurie importante du nombre de lits pour
une hospitalisation en soins aigus et en soins intensifs.

En prévision de cette situation problématique les gestionnaires des hôpitaux ont du faire preuve de créativité en modifiant des locaux
qui n’étaient pas adaptés à l’origine pour recevoir des patients. À titre d’exemples, nous avons
vu des gymnases comme celui de l’hôpital de Joliette au Québec et des salles d’activités en Centre
Hospitalier de soins de longues durée (CHSLD) qui se sont transformés en unité Covid afin de pouvoir augmenter le nombre de lits disponibles.

Prodiguer des soins de facon sécuritaire

La création de ces nouvelles unités temporaires de soins a nécessité la mise en place d’infrastructures qui permettent de prodiguer des soins de façon sécuritaire. Dans ces unités Covid, des
chambres temporaires ont été créées. En transformant les locaux existants en unité Covid il a été
nécessaire de doter ces derniers d’une ventilation adéquate afin de limiter les risques de contamination du milieu extérieur. Les gestionnaires se sont donc vus dans l’obligation d’adapter les systèmes de ventilation présents et même dans certains cas de mettre en place un système parallèle
adéquat de ventilation. De plus, il a fallu prévoir suffisamment de matériel pour y prodiguer les
soins, exemples : des respirateurs artificiels, des équipements de protection individuels, du personnel pour les soins ainsi que pour l’hygiène et salubrité. Toutefois, la disponibilité des équipements
sanitaires en raison de l’évolution rapide de la situation et en raison de la précarité de la situation
peut être problématique. En effet, ces équipements peuvent être insuffisants en raison du nombre
de personnes qu’ils doivent desservir.

 

Cette situation représente un risque pour la propagation des
infections car les toilettes seront partagées. De plus, l’accessibilité aux toilettes peut être difficile
pour certains patients en raison de la distance qui les sépare. Cette situation peut être particulièrement préoccupante pour des patients qui ont de la diarrhée provoquée par la Covid-19 1,2,3,4,5.
C’est pourquoi l’utilisation de chaises d’aisance qui peuvent être facilement désinfectées et
dédiée à chacune des chambres règle cette problématique. Cependant le transport pour la vidange des pots de chaise d’aisance représente un risque de contamination par éclaboussures pour
le personnel. L’utilisation de sacs hygiéniques contenant un absorbant pour ce type de situation
est donc tout à fait appropriée. Dans ce type d’environnement, en plus des selles il faut prévoir la
gestion des urines. Là encore l’utilisation d’un urinal sans absorbant représente un risque d’éclaboussure d’autant que la distance à parcourir pour le vider peut être relativement grande.

En conclusion, la création des unités temporaires pour accueillir des patients atteints de la Covid-19
nécessite une logistique importante afin de maximiser le temps de soins nécessaire pour chacun
des patients. Dans ce cadre, la gestion sécuritaire des fluides biologiques devient un élément clé
à contrôler. Il y a possibilité de réduire, voir pratiquement éliminer, le temps de va-et-vient pour
aller vider les équipements dans les toilettes en utilisant des équipements adéquats. De plus, facteur non négligeable, ces équipements réduiront les risques de contamination du personnel et de
propagation des infections.

 

 

References

1 Gilca R, Amini R, Carazo S, Fortin E, Charest H (Institut National de Santé Publique du Québec, INSPQ),2020, Comparaison des hospitalisations dues à la COVID-19 pendant la première vague à celles dues à l’influenza pendant les saisons
précédentes , 23 pages.
2 Xu D, Zhang Z, Jin L, Chu F, Mao Y, Wang H, 2005. Persistent shedding of viable SARS-CoV in urine and stool of SARS
patients during the convalescent phase. Eur J Clin Microbiol Infect Dis 2005;24(3):165–71.
3 Tang A, Tong ZD, Wang HL, Dai YX, Li KF, Liu JN, 2020l. Detection of novel coronavirus by RT-PCR in stool specimen from
asymptomatic child, China. Emerg Infect Dis ;26(6).
4 Wang X, Zheng J , Guo L , Yao H , Wang L , Xia XD, Zhang W, 2020.Fecal viral shedding in COVID-19 patients: Clinical
significance, viral load dynamics and survival analysis, Virus research 289, 198147, 7p.
5 L’Institut national d’excellence en santé et services sociaux du Québec (INESSS), 2020. Covid-19 et symptômes gastrointestinaux. Québec. Qc. 12 p.
6 Amirian E., 2020. Review Potential fecal transmission of SARS-CoV-2 : Current evidence and implications for public
health,Review, International Journal of infectious diseases,95, 363-370.