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Le norovirus: est-il contagieux?

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Il y a de fortes chances que quiconque lisant cet article ait été précédemment infecté par le virus, car il est connu pour être terriblement contagieux. Une petite quantité, la taille d’une tête d’épingle (18 à 2 800 particules virales) peut induire des symptômes. Ce virus gastro-intestinal invalidant qui provoque l’apparition soudaine de vomissements et de diarrhée, est tristement célèbre pour sa capacité à se répandre dans des milieux fermés et semi-fermés, y compris les navires de croisière, les milieux d’hébergement et de soins de longue durée, les milieux de soins aigus et les écoles, et il est responsables de 60 à 95 % des éclosions de diarrhée aiguë infectieuse non bactérienne  (Agence de la santé publique du Canada). En fait, la première éclosion de Norovirus, anciennement connue sous le nom de virus de Norwalk, s’est produite en 1968 dans une petite ville de l’Ohio appelée Norwalk, où les élèves et les enseignants de l’école élémentaire Bronson Norwalk étaient touchés par ce virus. Au cours d’une période de deux jours, 50% des étudiants et des enseignants ont développé une maladie gastro-intestinale. De là, l’origine du nom, virus de Norwalk.

Il provoque des symptômes désagréables

Bien que son évolution soit brève, d’une durée de 24 à 48 heures après le début du premier symptôme, et qu’il ne soit généralement pas mortel pour une population en bonne santé, les symptômes désagréables qu’il provoque peuvent vous garder près de la toilette pendant quelques jours. Cependant, chez les très jeunes, les personnes âgées ou les personnes immunosupprimées, il peut provoquer une maladie grave avec déshydratation associée et déséquilibre électrolytique pouvant nécessiter une hospitalisation.

Les norovirus sont un groupe génétiquement diversifié des virus à ARN non enveloppés et monocaténaires  appartenant à la famille des Caliciviridae. Bien qu’il existe six génogroupes de norovirus reconnus, trois peuvent affecter les humains (GI, GII et GIV). Parmi eux, le génogroupe GII est le génotype humain le plus répandu, responsable de 95% de toutes les infections. Plus de 25 génotypes différents ont été identifiés au sein de ces trois génogroupes humains et de nouveaux génotypes remplacent le type dominant circulant tous les 2-3 ans en raison de la recombinaison et du glissement antigénique (ASPC).

Il est important de prévenir et de contrôler sa propagation.

Ces agents pathogènes présentent généralement une saisonnalité hivernale et chaque année, les établissements de santé partout au Canada sont confrontés au risque de lutter contre les éclosions de gastro-entérite virale causées par un norovirus. Ces éclosions peuvent être difficiles pour les établissements de santé, comme on le voit depuis quelques semaines dans les établissements canadiens. Une excrétion prolongée de particules virales chez des personnes asymptomatiques  jusqu’à deux semaines après la récupération et une courte période d’incubation de 12 à 48 heures sont des facteurs qui peuvent contribuer toutes deux à la propagation rapide du virus. 

 

De plus, le norovirus est persistant dans l’environnement (non enveloppé, stable à la chaleur et peut résister aux désinfectants). Le virus a plusieurs voies de transmission possibles, y compris la transmission de personne à personne, la transmission aérienne lors d’un épisode de vomissements, le contact avec des surfaces contaminées et parfois l’ingestion d’aliments contaminés par un manipulateur d’aliments infecté. Ces caractéristiques contribuent toutes à la nature hautement contagieuse du norovirus.

 

Parce qu’il est facilement transmissible et difficile à tuer, il est important de prévenir et de contrôler sa propagation. Pour les milieux de soins aigus et les milieux d’hébergement et de soins de longue durée  l’accent est mis sur la surveillance, en particulier pendant les mois d’hiver, la formation  une attention rigoureuse à l’hygiène des mains soit par un lavage des mains à l’eau et au savon soit par l’utilisation d’une solution hydro-alcoolique contenant au moins 70% d’éthanol, les précautions de contact, l’hébergement et les transferts, le nettoyage environnemental accru axé sur les surfaces  à « high touch » et les salles de bain ou les chaises d’aisance dédiées , ainsi que des lignes directrices  pour les visiteurs et le personnel. Comme le virus se propage principalement par voie oro-fécale, les mesures pour contenir les vomissements et les selles sont cruciales. Une toilette ou une chaise d’aisance dédiée est essentielle.

 

La manipulation et la disposition  des selles doivent utiliser des méthodes qui minimisent la contamination de l’environnement, telles que des bassines et haricots à usage unique, des sacs hygiéniques  ou des macérateurs.